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Lumineux accrochage au “Garage”, galerie de Michel Dubois vouée à l’art contemporain depuis la saison dernière. Place cette fois aux peintures et dessins d’Herman Braun-Vega, artiste né en 1933 à Lima et qui vit et travaille aujourd’hui à Paris.
Dès l’entrée, “Ensembre baroque”, acrylique sur toile, donne le ton. Braun-Vega y conjugue dans un même espace nourri de sens les références sonores à Manet et Picasso. Plus loin, l’artiste revisite et réactualise “Le déjeuner sur l’herbe”, qu’il restitue sur une pelouse de Central Park, New York. Introduisant malicieusement son autoportrait dans un hommage à Hals, (“A votre santé Maître Frans”), l’artiste nous donne avant tout ici, au fil de quinze toiles aux cimaises (et de huit précieux travaux faisant appel aux techniques mixtes) une humble, piquante et passionnante leçon d’histoire de l’art. Loin de l’anecdote, ce maître au trait souverain nous déclare utiliser ainsi depuis 1968 les toiles de Cézanne ou de Matisse, entre autres, comme des natures mortes. En résumé : Cézanne peignait une pomme, Braun-Vega peint à sa façon les Ménines de Picasso et c’est superbe.
Loin d’être un copiste, l’artiste peuple en fait son travail de trois “Mémoires”, celle du cultivé, celle du social et du politique, celle du quotidien. Créateur et passeur de l’histoire de l’art, de Rembrandt à Soul Falks, il parvient ainsi avec puissance à faire l’éloge de ce long et même courant qu’est l’expression picturale sans cesse régénérée et se nourrissant au fil du temps de mille apports.
En prise sur notre monde, établissant des ponts entre les époques et évoquant les paradoxes, Braun-Vega glisse aussi dans ses toiles des coupures de presse d’un monde cruellement blessé. Humaniste, il entend s’adresser aux enfants et peuple ses toiles de simples fruits : “J’aime la capacité de syncrétisme idéal qu’ils ont. Je n’ai jamais vu un pommier d’Europe refuser un oranger qui vient d’Asie”.