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b philippe
2006|  18 nov / 10 déc
Quand un tout jeune homme remonte aux sources de l'art et y découvre la peinture.
Pour s'en approcher, il commence par faire une sorte de grand écart.
Un projet : peindre sa génération, peindre ses proches, peindre le vif, le plus vivant, dans la posture d'un mime de la mort, étendu mais debout, inerte mais terriblement habité. Chacun de ses personnages n'est qu'allongé, pas mort, bien vivant et même, dansant. Des individus, vraiment individués, mais tous plus ou moins rendus inertes par la pose. Posture de la peinture même, arrêtée en plein vol, toujours. Et pourtant non, le trait bouge encore quelque chose d'une énergie circule.
Troublant. Perturbant, au premier coup d'œil. Au deuxième aussi, un rien légèrement plus grand que nature, ou à peine plus petit. Toujours décalé. La peinture comme décalage du réel, décalage et perception toujours Autre.
Un grand écart qui est aussi une poétique de l'inerte. La peinture de l'entre-deux, la peinture remplissant tous les écarts. La matière même de la peinture et sa conception la plus haute en même temps.
Une lumière qui éclaire chaque panneau de toute l'histoire de la peinture, une fresque qui sourd d'un fond de matière brute comme un clin d'œil au passé, un scalpel de lumière qui déchire les arêtes des visages avec la même cruauté qu'un Caravage, les plissés antiques revisités en blue-jean…, une réappropriation de la figuration d'hier, d'aujourd'hui, et sans doute de demain. Ce jeune homme est à l'âge de toutes les exigences. Il ne s'épargne pas. Son pinceau comme un couperet dans le vif du sujet. L'intransigeance même.
Ainsi, dès son commencement, b. philippe résout le plus grand problème de l'art : qu'y a-t-il entre la vie et la mort? La peinture. Rien que la peinture mais toujours et terriblement au temps présent. La présence de la peinture même.
La vie arrêtée, c'est-à-dire le propre de la peinture, suspendue, en une éternité active. La dynamique de l'éternité.

Sophie Chauveau - octobre 2006
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Points de suspension