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Philippe Charlet
2006|  13 mai / 21 mai
En réactualisant les traditions classiques des natures mortes,   vanités, trompe-l’œil et peintures réalistes, la série de vingt-cinq tableaux* de Philippe Charlet explore les ravages du culte de la Pensée aliénée dans nos sociétés démembrées et déboussolées. L’ensemble est d’une modernité surprenante, déconcertante, décapante, dissonante. Loin des douceurs en vogue, des fadeurs compassées, des dérisions convenues, des émotions à bon marché, des subventions, collaborations ou subversions de salons, ces « Cultures mortes » se portent au chevet des civilisations occidentales comme un entomologiste ou un chirurgien observe, puis transperce les organismes. Étiquetés, épinglés, disséqués, les objets de la tradition et de la vie contemporaine incarnent pour Philippe Charlet les signes d’une intoxication planifiée et généralisée, qui compte ses impacts : le consentement à la soumission, la lucidité dans la fermeté, les fissures de l’inconscient. Signes rehaussés par des figurations déchirantes, des reproductions parcellaires d’articles de presse, des couvertures de livres évocateurs, de pénétrantes associations de couleurs. Dans ces subtiles mises en procès et en abîme, la Prédation s’impose, fil d’Ariane reliant tous les tableaux. Les rêves de Lumières et de grands soirs et de sorts universels se sont mués en attentes de nouveaux cauchemars, les espérances en effrois. Le carnage et le décervelage, l’aveuglement et l’hypnose, la machine et la technologie, l’affairement et les affaires règnent. L’explosion ou l’implosion tissent l’esprit des lois d’une jungle, que cette saisissante exposition nous invite à contempler. Longtemps, intensément. Avec ou sans « mode d’emploi ».

*Exécutées avec une extrême finesse au crayon de couleur sur papier marouflé sur panneaux de chêne, ces œuvres forment un polyptyque. Chacune est encadrée dans une boîte en chêne et contient un livre de vingt-cinq pages, composé des photos de la série et d’écrits conçus en « parallèle ». Comme des jeux de miroirs fidèles et décalés, les textes s’aventurent dans l’univers des tableaux à travers des objets, mots, thèmes, idées, pensées, rêveries, formes,couleurs…
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Cultures mortes