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Mes masques et les oiseaux

    «Ces deux sujets sont pour moi une allégorie de l'artiste. Il est plus facile d'expliquer cette idée dans la figure de l'oiseau. On pense à «L'albatros» de Baudelaire, titre de ma deuxième exposition en novembre 2013. Les masques - je préfère les appeler «masques» plutôt que «crânes» ou «visages» car cela évoque mieux leur rôle mystique dans mon art - permettent la personnification d'un état d'esprit de l'artiste.

   Plus qu'une simple représentation, ils illustrent les sentiments d'une manière infinie et changeante. Ils décomposent avec précision les émotions humaines et les différents états du subconscient. Ils explorent le mystérieux, le rêve.

   Ces masques sont comparables à des objets rituels, magiques, en rapport direct avec le monde des esprits. Comme les masques primitifs, il n'est pas rare lorsqu'on en contemple un, de ressentir une "présence".»

Je me situe entre Street-Art et Fine Art

    «Ma peinture est très inspirée du graffiti, dans le sens où le mouvement et les couleurs sont essentiels. Le graffiti étant une forme de peinture très gestuelle et fluide, cette touche reste très présente dans mon travail. Je suis autodidacte comme la plus part des tageurs. J'ai commencé à 13 ans à "graffer" mais j'ai vite arrêté le lettrage pour le dessin que je trouvais beaucoup plus intemporel et libre. Je n'ai jamais cessé, dès lors, d'utiliser la rue pour véhiculer mes visions.

   J'insiste volontairement sur l'idée que chaque oeuvre possède pour moi une portée mystique, sacrée. Ma vision du street art est très indépendante et tend à rapprocher le graffiti du "fine art". Il est donc parfois difficile d'établir un lien entre mon style et le "mouvement street art", pourtant ce lien est fondamental pour comprendre ma peinture. J'ai commencé à Paris à dessiner directement sur les trottoirs en trait déroulé, des oiseaux, des visages, des masques, bouillonnant d’allégresse et de vivacité. Le but étant de créer à chaque fois des personnages, des histoires, de peupler les rues d'une "forêt d'esprit"...»


Mon message


    «Ma démarche de street artiste, à priori déconnecté du réel, s'accompagne néanmoins d'un message. Elle traduit les questions légitimes de notre génération. Les oiseaux ruisselants sont l'emblème de l'artiste mais plus largement de l'individu compressé sous la structure sociale et la ville. Les masques hilares interrogent et scrutent les passants avec ironie ! Quel est notre rôle dans ce monde ? Sommes nous splendides ou affreux? Sommes nous plongés dans un sinistre film d'anticipation où les humains se transforment imperceptiblement en machines? Qui sommes nous au-delà de nos apparences ? Nous vivons une période de paix et pourtant l'Occident bascule lentement face aux nouvelles puissances. Notre liberté est menacée, la nature est de plus en plus polluée... Dans la série "Les mouettes d'Abu Dhabi" par exemple, les couleurs sont luxueuses, le mouvement tout puissant à l'image de la sublime capitale du désert. Toutefois le noir et les coulures évoquent le pétrole. La liberté est contrainte, étouffée, exploitée.

   Cependant dans cette série comme dans toute ma peinture, les couleurs traduisent la joie, la célébration pure et simple de la vie. Pour conclure, je dirais que mon travail questionne notre individualité dans la société moderne, nos émotions et tend à ouvrir des passerelles entre le réel et le rêve.»

Hugo Cesto                                                                                                             Hugo Cesto

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2014|  30 août / 21 sept

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