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2009| 14 nov / 13 déc
Frédéric Brandon | b. philippe
Je propose une idée aux directeurs des musées : organiser une exposition avec Filippo et Filipino Lippi, Jean et François Clouet, Holbein l’Ancien et Holbein le Jeune ainsi que, pourquoi pas, Brandon l’Ancien et Brandon le Jeune. Il s’agirait de montrer que, dans l’histoire de l’art, nombreux sont les cas où des paires de peintres ainsi construites sont parvenues à des niveaux élevés de qualité sans que l’un apparaisse supérieur à l’autre et sans qu’il y ait, chez le plus jeune, volonté visible de tuer le père, n’en déplaise à Freud.
N’en déplaise aussi au regretté Alfred Barr qui voulait absolument que les jeunes se révoltent obligatoirement contre les vieux (pères ou non) en faisant exactement le contraire de ce que ces derniers avaient accompli. Souvenons-nous de la réplique cinglante que lui adressa Meyer Shapiro : « L’histoire de l’art n’est pas celle de réactions individuelles et volontaires, chaque artiste nouveau prenant le contre-pied du précédent, peignant des couleurs vives si l’autre avait affectionné les coloris sombres, aplatissant les formes si l’autre privilégiait le modelé, et déformant son sujet pour l’opposer au réalisme de son prédécesseur… ».
Philippe peignant des scènes de plage et Frédéric observant le Barrio Nicolle (un bidonville près de Buenos Aires où l’artiste se
rend régulièrement) ont chacun sa manière propre de faire, mais comment ne pas éprouver, devant leurs tableaux, la même
sorte d’émotion ? Tous deux aiment jouer avec la toile écrue, tous deux réservent de larges zones de non-peint qui font
intégralement partie de la composition, tous deux ne peignent guère que des figures : des personnages de tous âges (plutôt
des jeunes chez Philippe) avec leurs chiens. Des chiens plutôt debout, et qui semblent poser, chez Frédéric ; un chien qui se
repose avec délice sur la plage de Philippe. Mais tout cela n’est pas très importnt : chacun a sa touche personnelle pour traiter
son sujet. L’essentiel c’est leur manière commune de regarder les humains : avec tendresse. Frédéric aime les braves gens
du Barrio Nicolle et cela se voit. Philippe éprouve de son côté une vive sympathie pour les jeunes gens, et surtout  les jeunes
filles me semble-t-il, que son appareil photo a saisis en instantanés avant qu’il ne les peigne. Au cours de l’opération, l’une des
baigneuses est devenue intégralement bleue. Pourquoi bleue ? Et pourquoi pas ? vous répondront sans doute en chœur
Brandon le Jeune et Brandon l’Ancien : l’artiste est libre, non ? De toute façon, le bleu va très bien à cette jeune fille : cadeau de peintre.
A votre tour maintenant de vous livrer au jeu des ressemblances et différences dans le petit monde euphorique des Brandon. Profitez-en : c’est un cadeau de peintres.
Jean-Luc Chalumeau
Août 2009
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b. philippe
F. Brandon
Photo Frédéric Réglain
Une place au soleil

Reportage France 3